Doléances
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Voix du passé

Des doléances d'autres siècles, regroupées par la langue dans laquelle elles ont été écrites.

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fr

1789

Doléances des femmes de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure au Roi

Des déesses d'un autre genre

En outre, que votre ministre ouvre les annales de nos ancêtres : il verra que jadis dans nos gaules, nos princes, nos chefs, nos magistrats ne prenoient aucune délibération importante, soit pour la paix, soit pour la guerre ; qu'ils ne formaient aucun projet essentiel, qu'ils ne l'exécutaient point sans avoir préalablement consulté notre sexe. ils nous reconnaissaient donc capables des grandes affaires, les hommes d'alors ; ils rendaient donc hommage a nos talens ; ils étaient donc plus justes que les hommes d'aujourd'hui. pourquoi cela ? parce qu'ils étaient moins superbes et moins tyraniques. nous étions a leurs yeux autant de déesses, mais des déesses d'un autre genre que les déesses de nos jours.

Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, Labourd

J.-B. Daranatz (éd.), p. 317-327. Bilketa, ark:/27020/art0350740

1789

Doléances des femmes de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure au Roi

Des écoles, des collèges, des universités

Nous avons a proposer des ecoles, des colleges, des universités a établir, ou nous soïons admises pour y recevoir les instructions nécessaires au développement entier de nos facultés intellectuelles, afin que nous puissions concourir, autant qu'il sera en nous, a l'oeuvre immortelle du bonheur général.

Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, Labourd

J.-B. Daranatz (éd.), p. 317-327. Bilketa, ark:/27020/art0350740

1789

Doléances des femmes de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure au Roi

Des lois qui ne lient pas

Si ces lois prononcées à l'inscu et contre le gré de ces quatorze millions d'âmes rejettées pourroient lier ces dernières ; si celles ci ne sont pas en droit de se plaindre de l'omission injurieuse que l'on fait de leurs personnes dans une affaire qui les interesse autant.

Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, Labourd

J.-B. Daranatz (éd.), p. 317-327. Bilketa, ark:/27020/art0350740

1789

Doléances des femmes de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure au Roi

Des talents ensevelis

Ce ne peut donc être qu'au despotisme masculin que nous devons cette ignorance universelle dans laquelle on tient tous nos talens ensevelis ; ce ne peut être qu'a cette tyrannie voluptueuse des hommes qui ont fait de nous presqu'autant d'automates assez plaisans pour les divertir et les amuser.

Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, Labourd

J.-B. Daranatz (éd.), p. 317-327. Bilketa, ark:/27020/art0350740

1789

Cahier de doléances de la ville d'Houdan

Le blé hors de portée

Que le blé, au prix excessif où il est présentement de 40 à 50 [livres] le septier pesant 300 [livres], est hors la portée du peuple en général, et ne lui permet pas de pouvoir vivre, ne pouvant y atteindre par ses journées et salaires ; ce qui est une plainte frappante à laquelle les bontés du Monarque peuvent pourvoir.

Houdan, bailliage de Montfort-l'Amaury

Cahier manuscrit, mars 1789 — transcription d'après photographies, non collationnée

1789

Doléances des femmes de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure au Roi

L'éducation frivole

N'est-il pas criant que l'on ne cultive en nous que nos facultés corporelles, comme si nous n'étions que matière, comme si nous n'avions pas d'ame ? n'est il pas honteux que l'on se borne a nous apprendre a composer notre maintien, a symmétriser nos gestes, a cadencer nos pas, a danser avec grâce, a chanter avec mélodie, comme si l'on ne voïait en nous que des marionnettes et des linottes a tête légère ?

Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, Labourd

J.-B. Daranatz (éd.), p. 317-327. Bilketa, ark:/27020/art0350740

1789

Cahier de doléances de la ville d'Houdan

Le fardeau accablant

Les habitans d'houdan assemblés et soussignés, réclament contre le fardeau accablant d'impôts, et de charges de toutes espèces : taille, capitation, vingtièmes, industrie, corvées, aydes, gabelles, contrôlle, franc-fief, auxquels l'activité financière a donné tous les accroissemens et extensions possibles.

Houdan, bailliage de Montfort-l'Amaury

Cahier manuscrit, mars 1789 — transcription d'après photographies, non collationnée

1789

Doléances des femmes de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure au Roi

Parce qu'ils sont hommes

C'est donc parce qu'ils sont hommes qu'on les appelle au conseil de la nation ; et nous, on nous en exclut, parce que nous ne le sommes pas. quelle indigne partialité ! est ce donc une tache ignominieuse d'être né femme ? sera-t-il dit que sous un règne si éclairé nous aions a rougir de notre sexe ?

Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, Labourd

J.-B. Daranatz (éd.), p. 317-327. Bilketa, ark:/27020/art0350740

1789

Doléances des femmes de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure au Roi

Quatorze millions d'âmes oubliées

Quoi ! sire, votre majesté déclare à la face de l'europe vouloir assembler la nation entière, et elle nous oublie dans la convocation ! [...] Compter pour rien quatorze millions d'ames, ce serait indubitablement la preuve de l'imperitie la plus complexe en fait de calcul, comme en fait de législation.

Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, Labourd

J.-B. Daranatz (éd.), p. 317-327. Bilketa, ark:/27020/art0350740

1789

Doléances des femmes de Saint-Jean-de-Luz et Ciboure au Roi

Sur le divorce, sans nous entendre

Nous voulons parler de la question du divorce, sur lequel la raison et la nature ne permettent pas de prononcer sans notre participation et sans nous entendre ; attendu que, si le divorce passait en loi, nos législateurs toujours tyranniques pourraient y annexer des clauses toutes à notre charge, auxquelles il serait injuste de nous assujetir forcément.

Saint-Jean-de-Luz et Ciboure, Labourd

J.-B. Daranatz (éd.), p. 317-327. Bilketa, ark:/27020/art0350740

1789

Cahier de doléances de la ville d'Houdan

Un seul impôt, sur tous les biens

Votent particulièrement pour la supression la plus prochaine des aydes et des gabelles ; pour qu'il soit établi un impôt territorial et général, à perce[voir] en argent sur toutes espèces de biens appartenants soit au Clergé, aux nobles, privilégiés et autres, pour supléer non seulement au produit desdits deux impôts les plus desastreux, mais encore à ceux de ceux dont on jugerait la supression nécessaire au bien être et à la tranquilité de la société ; offrant de reverser le produit dudit impôt directement au trésor Royal et sans frais.

Houdan, bailliage de Montfort-l'Amaury

Cahier manuscrit, mars 1789 — transcription d'après photographies, non collationnée